Constat

A la faveur de la loi de 2005 sur l’égalité des chances, se sont développées en France des initiatives originales et innovantes au bénéfice de la communication entre les entendants et les personnes ne percevant pas la parole, liées à l’usage de l’internet et des TIC : Visio-interprétation et Visio-traduction, Visio-transcription de la parole à l’aide de différentes technologies : vélotype, sténotype, reconnaissance vocale,…

L’accessibilité numérique prend donc une part primordiale dans la communication universelle en ayant des impacts directs sur l’emploi, le télétravail, la recherche et l’enseignement, entre autres.

Il est acquis que le handicap des personnes ne percevant pas la parole rejaillit, à des degrés divers selon le mode de communication, sur leur interlocuteur entendant, dans le sens où la communication repose sur des contraintes qui s’imposent aux parties prenantes de l’échange :

  • La connaissance de la LSF par les parties
  • La plus ou moins bonne oralisation de la personne ne percevant pas la parole et l’effort plus ou moins grand de compréhension qui en résulte pour la personne entendante
  • La maitrise de la lecture labiale par la personne ne percevant pas la parole et l’effort, en conséquence, d’articulation voire de reformulation imposé à la personne entendante
  • A distance, les qualités de son et d’image permettant une intervention efficace des opérateurs spécialisés et, par suite, le confort des interlocuteurs

C’est la considération des conséquences de ce handicap sur les uns et les autres (et non le handicap en soi) qui doit guider la réflexion sur une communication universelle non discriminante.

L’objectif n’est donc pas de se pencher sur le handicap de la surdité ou de l’accompagnement des déficients auditifs mais sur les conséquences de la surdité des uns pour la communication de tous.
 
Dans l'entreprise, où cet aspect est une composante « stratégique », le but est de permettre une communication spontanée et réactive entre les personnes entendantes et les personnes ne percevant pas la parole, de la façon la plus efficace possible.

Cela permet également à l'entreprise de jouer son rôle sociétal d'intégration d’un travailleur handicapé (déficient auditif en l’occurrence) ayant toutes les compétences du poste à pourvoir, sans être bloquée par la barrière de la communication (libre exercice de son métier en toute autonomie par le collaborateur).

Dans la vie sociale, c’est la problématique générale de l’accessibilité qui est posée :
  • possibilité de joindre ou d’être joint, sans discrimination tant pour l’entendant que pour la personne ne percevant pas la parole,
  • possibilité d’accès à l’enseignement, l’information et la culture
  • possibilité de joindre ou d’être joint par les différents services publics ou privés

Mais l’usage et l’efficacité de l’ensemble des dispositifs existants dépendent aussi, en l’état actuel des choses, et de façon cruciale, du nombre, des compétences et qualités des techniciens de la communication : interprètes LSF, interfaces de communication, médiateurs, transcripteurs de la parole, rédacteurs vocaux, labiolocuteurs, codeurs LPC.
 
Répondre à ces besoins de communication, c’est envisager la problématique de la formation puis de la qualification des personnels experts en fonction de nombreux paramètres dont, notamment :
  • Intervention physique ou à distance
  • Le mode de communication utilisé par la personne ne percevant pas la parole et son niveau linguistique (français parlé, signé, et/ou écrit).
  • Le contexte : formations, entretien en face-à face, conversation téléphonique, réunion à plusieurs....
  • La nature privée ou professionnelle de l’échange.
  • Le métier, la branche professionnelle et l’entreprise, avec leurs vocabulaires spécifiques.
  • L’innovation, la Recherche et Développement.

Seul le croisement des réalités vécues par chacun (entendant ou déficient auditif, personnels experts) permettra de répondre aux enjeux de société que pose le concept de la communication universelle.